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Un cardinal est nommé par le pape à Rome. Prince de l’Église, le cardinal siège au conclave pour élire le nouveau pape. Seuls les cardinaux âgés de moins de 80 ans peuvent participer à l’élection en elle-même (ils sont en principe au maximum 120). Les cardinaux forment le Sacré Collège, dont la réunion est appelée « consistoire ». C’est le collège cardinalice qui assure l’intérim lorsque le Siège est vacant.

On dit qu’untel est « créé cardinal » par le pape ou qu’il « reçoit le chapeau ». Le chapeau rouge (maintenant tombé en désuétude, sinon dans les armoiries) est le symbole de la dignité de cardinal. Il arrive qu’un cardinal soit créé « in petto » ou « in pectore », c’est-à-dire secrètement, sans que le pape ne rende publique sa dignité (souvent pour des raisons politiques, quand le promu court un danger en lien avec des persécutions).

On distingue les cardinaux de curie (attachés de manière permanente au gouvernement de l’Église universelle), les cardinaux exerçant une charge d’évêque ou d’archevêque traditionnellement « cardinalice » (comme Paris) et les cardinaux spécialement créés pour les honorer (théologiens non évêques, notamment). Jusqu’à un passé récent, il y a eu des cardinaux laïcs.

Le terme est ancien. Au départ il désignait les clercs que l’on incardinait à une église, à un diocèse. Ils y étaient rattachés comme les gonds (cardo en latin) à une porte. Homme-charnière de l’Église, en quelque sorte. Le sens en vint à désigner vers le Xe s. les personnages particulièrement importants. À Rome le sens se précisa encore :


Alexandre III pour la première fois donna ce titre de cardinaux à des ecclésiastiques « extérieurs », signifiant par que d’une manière ou d’une autre, ils étaient appelés à servir spécialement l’Église de Rome.


Nomination

Le cardinal est créé par le pape lors d’un « consistoire ordinaire public », c’est-à-dire lors d’une réunion du « sénat de l’Église » associant l’ensemble des cardinaux. Le pape proclame en latin : « Et donc par l’autorité du Dieu tout-puissant, des saints apôtres Pierre et Paul, et la nôtre, nous créons et proclamons solennellement cardinaux de la Sainte Eglise romaine, nos frères NN.».

Ensuite, chaque nouveau cardinal s’approche du pape, s’agenouillant pour recevoir la barrette, coiffe rouge qui se porte sur la calotte (ce nom a la même racine que le mot français « béret »). Le cardinal place ensuite ses mains dans les mains du pape, tandis que le pape lui remet la barrette, en révélant également le nom du « titre cardinalice » ou de la « diaconie » qui confère un lien avec une paroisse du diocèse de Rome. Cela rappelle le lien historique des cardinaux avec le clergé de Rome, autour de son évêque ; pour cette raison, les cardinaux reçoivent des « grades » (« diacres », ou « prêtres » ou « évêques »).

Avec le souhait de la paix, le pape donne ensuite l’accolade à chacun. Le rite prévoit en même temps la remise à chacun de la « bulle » de création des cardinaux, sous forme de rouleau. Après l’avoir reçue, chaque nouveau cardinal échange ensuite le « baiser de paix » avec les autres membres du collège des cardinaux placés à droite de l’auvent papal.

Ensuite ont eu lieu les traditionnelles « visites de courtoisie » aux nouveaux cardinaux. Deux autres gestes marquent l’intronisation des cardinaux, après la remise de la barrette. Le premier est la remise par le pape de l’anneau cardinalice aux nouveaux cardinaux. « signe de dignité, de sollicitude pastorale et d’une plus étroite communion avec le Siège de Pierre ». Le second est la « prise de possession cardinalice » : le cardinal visite son église romaine, au fronton de laquelle figureront ses armoiries, aux côtés de celles du pape régnant.


La pourpre cardinalice

La couleur typique des cardinaux est appelée « pourpre cardinalice » : en fait, ce n’est pas un violet (couleur épiscopale) mais un rouge tirant sur l’orangé.

Cette couleur est aussi à l’origine celle du Pape (et l’est restée en partie, aux côtés du blanc). Cette couleur dérive de la pourpre consulaire et impériale romaine : devenu le Souverain pontife et le défenseur de Rome, le Pape succède aux magistrats de l’ancienne Rome.

La « pourpre » cardinalice a depuis longtemps pris un sens supplémentaire, lié à celui de la couleur liturgique rouge. Benoît XVI a en effet expliqué que « signe de la dignité du cardinalat » signifie pour les nouveaux cardinaux qu’ils devront être prêts à se « comporter avec force, jusqu’à l’effusion du sang, pour l’accroissement de la foi chrétienne, pour la paix et la tranquillité au sein du peuple de Dieu, pour la liberté et la diffusion de la Sainte Église romaine ». Loin d’être un signe de puissance et de vanité, la « pourpre cardinalice » évoque le témoignage du martyre.


Cet article a été publié le 25 novembre, 2007 à 20:30

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