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Clément IV (Guy Foulques, né à Saint-Gilles, près de Nîmes, un 23 novembre à la fin du XIIe s.) est le 183e Pape de l'Église catholique (règne : 5 février 1265 - 29 novembre 1268).

Guy Foulques, grand juriste, fut marié et eut des enfants (et une descendance attestée jusqu'à nos jours) avant d'entrer dans les ordres, veuf, et d'entamer une carrière au service de l'Eglise. Il fut le conseiller de saint Louis. Devenu pape sous le nom de Clément IV, il mena une politique ambitieuse et fut l'ami de saint Thomas d'Aquin.

La famille de Clément IV : ses parents, sa descendanceModifier

Louis Foulques, dit Fulcodi, bourgeois de Saint-Gilles dans le Gard, juriste, eut de son épouse Marie Laure Salvanhiac, plusieurs enfants :

  • Guy, qui suit,
  • Nicolas, curé de Saint-Gilles,
  • Marie, épouse de Laurent Forton,
  • Jeanne, épouse de Pierre Sauvaire,
  • Anne, épouse de Louis Gros qui eurent des enfants dont Pierre Gros, curé de Saint-Gilles, auquel son oncle Guy, alors pape, écrivait le 7 mars 1265 : "Nous ne voulons pas que Cécile et Mabilie, nos filles, aient d'autres époux que ceux qu'elles auraient pu avoir si nous étions demeuré simple clerc ! "… et il réduisait de plus les prébendes de ce neveu ecclésiastique à une seule afin de ne pas être taxé de népotisme.

Guy Foulques, dit Fulcodi, dit le gros, est né à Saint-Gilles (Gard), près de Nîmes, Languedoc un 23 novembre à la fin du XIIe s. Il est mort le 29 novembre 1268, dans le palais des papes de Viterbe en Italie. Il avait épousé par contrat du 16 janvier 1239 Margueritte Ruffi, fille de Jacques et de Cécile du Sault. Plusieurs enfants sont nés de cette union. En 1265, il ne restait que :

  • Mabilie qui devint religieuse à Nîmes après 1267 et qui mourut en 1307 d'après les documents cités ci-dessus,
  • Cécile Fulcodi qui épousa par contrat du 2 février 1274 son cousin Pierre Ruffi. De cette union naquirent plusieurs enfants dont Guidon Ruffi, dont la descendance se perpétue à ce jour.

Les informations généalogiques sur la descendance du pape Clément IV proviennent des pièces du procès qui a été instruit pour son héritage, commencé vers 1272 et terminé seulement en 1339. Une grande partie de ces pièces sont reproduites dans le cartulaire de l'évêché de Maguelone. Ces pièces citent plus de 60 personnes apparentées au pape Clément IV.

L'œuvre de Clément IV avant son pontificatModifier

Docteur en droit civil, il devint un professeur et avocat renommé. Veuf, il fut ordonné prêtre en 1255 et fut nommé curé de Saint-Gilles puis évêque du Puy en 1257, archevêque de Narbonne en 1259. Conseiller de Saint Louis, en un temps garde du sceau, conseiller du pape Urbain IV, il fut créé cardinal évêque de Sabine en 1261. Légat en Angleterre pour une médiation entre Henri III est ses prélats et barons en 1264, il était en voyage lorsqu'il fut élu pape (le 183ème) après la mort Urbain IV. Il rentra alors à Pérouse en Italie, déguisé en moine, avant de coiffer la tiare, le 5 février 1265, sous le nom de Clément IV.

L'œuvre de Clément IV pendant son pontificatModifier

La principale affaire de son pontificat est la réalisation de la dévolution, désirée par Urbain IV, du royaume de Sicile à Charles d'Anjou, chargé de tenir tête aux ambitions impérialistes de Manfred, fils naturel de Frédéric II de Hohenstaufen, et du parti gibelin. Après la mort de Manfred en 1266 à la bataille de Bénévent, le pape intervient dans l'élection de Conradin, neveu de Manfred et dernier descendant de Frédéric II. Mais après que Charles d'Anjou ait fait exécuter Conradin, Clément IV se voit contraint de s'opposer aux ambitions de Charles. Dans le même temps, il favorise le double mariage qui lie les familles de Hongrie et de Sicile. Cette politique ambitieuse mais onéreuse, qu'accompagne une ferme reprise en main de l'Église par la Curie, fait de Clément IV l'un des créateurs de la fiscalité pontificale et de ce qui en est déjà la condition nécessaire, la réserve au Saint-Siège de la collation des bénéfices ecclésiastiques.

Clément IV et l'islamModifier

A la fin du 13e siècle, de nombreux musulmans étaient installés en Espagne, terre historiquement chrétienne.

Dans cette Espagne soumise à des souverains catholiques, les mudéjares vivent dans leurs aljamas. Les plus nombreux demeurent dans la vallée de l’Ebre et la région de Valence. Mais le roi d’Aragon se voit admonester par le pape Clément IV qui exprime le fond de la pensée catholique sur la question : « ... On a des exemples de la dangereuse affaire qu’est d’avoir des musulmans dans vos domaines... Il est certes aussi raisonnable de garder chez soi des ennemis si perfides et malfaisants, ou même de les avoir pour voisins que de se mettre un serpent dans le giron ou le feu dans son sein... Votre Créateur ... souffre pendant que ces musulmans célèbrent le nom de Mahomet parmi les chrétiens... Vous devenez votre propre adversaire si vous persécutez les musulmans dans leurs propres terres, mais les protégez patiemment dans les vôtres. Une fois tout cela débattu... il est indubitable qu’il serait conforme à vos excellentes œuvres que vous exiliez ces gens hors des frontières de vos domaines» (cf. [1]).

Le Pape a parlé, il ne peut y avoir de musulmans en royaume chrétien.

Clément IV et Roger BaconModifier

Roger Bacon, moine franciscain et scientifique de renom, est le premier à s’apercevoir de l’erreur du calendrier Julien par rapport à l’année solaire et propose en 1264 à Clément IV de le rectifier. Il a en effet une grande estime pour Clément IV, son protecteur. Par ailleurs, ses observations astronomiques lui valant d’être accusé de magie et suscitant la haine de ses contemporains, Clément IV lui demande un exposé détaillé de ses inventions. Roger Bacon lui envoie quelques instruments de mathématiques qu’il avait inventés, ainsi que son œuvre maîtresse, l'Opus majus, ouvrage dans lequel il défend une réforme nécessaire des sciences, et qui apparaît comme une encyclopédie regroupant la grammaire et la logique ainsi que les mathématiques et la physique.

Clément IV et le népotismeModifier

Peut-être par réticence envers le népotisme déjà installé à la Curie, Clément IV est l'un des rares papes à n'avoir créé aucun cardinal.

Clément IV a passé les deux dernières années de sa vie à Viterbe, en compagnie de saint Thomas d'Aquin, dont la Somme théologique s'imposera durant tout le Moyen Âge.

Ses contemporains ont loué son ascétisme, sa lutte contre la corruption en général et le népotisme en particulier. Il était réputé doux et désintéressé.

Mort de Clément IV : origine de l'isolement du conclaveModifier

L'élection d'un pape se déroule depuis 1271 à l'écart de toute pression extérieure, le conclave (en latin, cum clave : "sous clef") étant coupé du monde.

Cet isolement existe depuis qu'en 1271 à Viterbe, les cardinaux ne parvenant pas à se mettre d'accord pour trouver un successeur à Clément IV au bout de 3 ans de délibérations et d'opposition entre faction italienne et franco-angevine, ont été enfermés et mis au pain sec et à l'eau pour les inciter à élire rapidement un nouveau pape.

L'élu, Grégoire X, a érigé cette pratique en règle, à l'exception du pain et de l'eau.

La maison natale de Clément IVModifier

Sa maison natale dite "Maison Romane" a été restaurée au XIXème siècle et est classée monument historique.

Voir [2] ou [3] pour plus d'informations sur cette maison.

Le tombeau de Clément IV à ViterbeModifier

Clément IV est le premier de tous les papes qui ait des armoiries sur son tombeau, à Viterbe.

Voir aussi Modifier

RéférencesModifier

  • Encyclopédie des papes de Stéphane Arthur et Michel Bonnet
  • Dictionnaire chronologique des papes de Pierre Norma
  • Dictionnaire de la France médiévale de Jean Favier
  • Cercle Généalogique du Languedoc


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