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La croissance, qui provoque une augmentation de taille des êtres vivants, comprend aussi des changements de forme. Elle est variable, car outre la constitution génétique et les facteurs environnementaux (fonctionnels, alimentaires...), un système endocrinien la régule. Des causes de diverses natures ont donc pu réduire la stature ou au contraire produire un gigantisme des espèces au cours de l'évolution de l'homme.

Taux et courbes de croissanceModifier

La description des phénomènes se fait par des mesures qui mettent en évidence des changements de forme (taux d'allométrie). Les espèces ont des allométries nettement distinctes et les courbes de croissances diffèrent. On a constaté que la taille maximale de l'homme dans une population donnée au cours des derniers siècles n'a pas varié alors que la taille moyenne a augmenté à la suite d'une évolution du mode de vie.

L'évolution humaineModifier

L'image populaire veut qu'il y ait eu un progrès au cours des temps et que les premiers membres du genre Homo aient été petits et courbés. De cette façon, nos ancêtres ont pu croître graduellement et acquérir un gros cerveau. En fait, la relation entre les dimensions du corps et celles du cerveau forme une histoire complexe. Les fossiles extraits du sol fournissent la preuve d'espèces très grandes, les plus spectaculaires sont les "dents de dragons" des pharmacies chinoises. Leur similitude morphologique avec les dents actuelles explique la tradition mythologique à propos des ancêtres géants.

L'origine de l'hommeModifier

La première étape bien connue concernant le genre Homo date d'environ 2 millions d'années. Dans la vallée de l'Omo (Ethiopie) diverses espèces témoignent d'une coexistence de Homo habilis et d'un australopithèque très robuste: Paranthropus. C'est à Olduvai (Tanzanie) que le premier Paranthrope a été mis au jour en 1959 et dès l'année suivante plus de 200 spécimens de l'espèce ont été reconnus. Ce grand nombre a permis d'entreprendre des études comparées de l'usure microscopique des surfaces dentaires. Nous savons de cette manière qu'il y a environ 2 millions d'années l'alimentation de l'australopithèque robuste est devenue plus omnivore comme le laissait penser les dents postérieures très volumineuses ainsi que la morphologie du crâne muni d'une crête sagittale. Les premiers hommes qui ont coexisté ont également élargi leur menu, notamment en consommant des fruits et des légumes en toutes saisons.

Qui a mangé qui ?Modifier

Autrement dit, comment imaginer la terre peuplée de géants et d'hommes? Le laboureur romain a sorti du sol des quantités d'ossements de grands animaux et Virgile en a déduit que la terre, après avoir enfanté ces géants, avait progressivement vieillie et que, par conséquent, la stature était allée en décroissant. C'est pourquoi Victor Hugo parlait encore des géants mêlés aux hommes dans "La légende des siècles". Il reste que le paléoanthropologue ne cesse de constater la coexistence de l'homme avec des formes géantes fossiles. Une découverte remarquable à ce sujet vient d'être récemment faite dans l'île de Flores en Indonésie. Là, le "lutin" Homofloresiensis, qui mesurait environ 1 mètre, a partagé l'île avec des cigognes carnivores géantes. Il y a seulement 18 000 ans, l'homme a donc dû se défendre de cigognes marabout hautes d'un mètre quatre vingt.

La confrontation réinventéeModifier

Aujourd'hui, l'hypothèse en vogue à propos d'Homo sapiens fait de l'homme moderne l'adversaire de l'homme de néanderthal, il y a quelque 35 000 ans. La tête de Néanderthal était en fait très volumineuse (environ 1500 cm3, soit 1OO cm3 de plus que nous), la dentition robuste, le corps trapu et massif, mais sa taille était réduite aux environs de 1,60m pour l'homme et 1,50m pour la femme. La population humaine la plus connue qui lui a succédé est celle de Cro-Magnon dont la taille était de 1,80m en moyenne, mais plus tard d'autres, comme celle de Chancelade près de Périgueux, ont été plus petites (1,55m). Ainsi s'exprime la variété humaine. Un cas remarquable est celui de la mandibule néanderthalienne de Banyoles (Catalogne) dont les singularités morphologiques ont rendu son attribution phylogénétique difficile. Cette mandibule, datée entre 45 000 et 90 000 ans, présente des traits, étonnants pour un néanderthalien, qui sont des caractères primitifs que l'on observe chez Homo erectus. L'homme de Banyoles a pratiqué la pêche et a vécu sur les bords d'un lac comme le prouve l'analyse de ses dents. La sédentarisation, bien avant l'élevage et l'agriculture, montre que les ajustements morphologiques, mais aussi le mode de vie, dépendaient à la fois du stade évolutif de l'homme et de son environnement.

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