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Francisco Ximénez de Cisneros est un frère mineur observant espagnol. Il a vécu à un époque charnière, 2de moitié du xve siècle siècle, 1re moitié du xvie siècle. Comme cardinal, il a fortement marqué l’Espagne à son époque. Une des figures prestigieuses de l’histoire franciscaine qui, pourtant n’entra dans l'Ordre franciscain qu'à l’âge de 48 ans et ne devint célèbre que passée la cinquantaine.

Sommaire [cacher] 1 Sa vie Image:ofm_puce.png Francisco Ximénez de Cisneros frère mineur observant, Cardinal Archevêque né en 1436, Torrelaguna (Espagne) frère mineur en 1484 décédé en 1517, Roa Valladoïd (Espagne) [modifier] Sa vie

Cardinal Archevêque de Tolède, Primat d'Espagne, Vice-roi d’Espagne

Il est né à Torrelaguna, en Nouvelle Castille, en 1436 et étudia au collège d’Alcala, puis à la célèbre université de Salamanque qui lui décerna un diplôme de Droit civil et de Droit Canon. Pour faire carrière comme juriste il partit à Rome en 1459, comme avocat consistorial. Rentré en Espagne dans l’espoir d’obtenir un bénéfice ecclésiastique, et peut être un évêché, comme le lui aurait promis le pape Sixte V, il postula l’évêché d’Uzeda, ce qui déplut à l’archevêque de Tolède, qui le fit incarcérer durant près de 6 ans. Ayant obtenu une charge dans le diocèse de Siguenza, il en démissionna 4 ans après pour entrer chez les Franciscains de l’Observance, en suite à une véritable conversion pour renoncer aux honneurs. Il avait 48 ans ! Mais ses qualités exceptionnelles le firent remarquer, rapidement élu "gardien" du couvent de Salzeda, puis ministre provincial de l’Observance en Castille.

En 1492, l’année du premier voyage de Christophe Colomb, la reine Isabelle, sur les conseils de l’archevêque de Tolède, le choisit comme confesseur et directeur de conscience, à condition qu'il ne quitte pas son couvent pour venir à la Cour, et qu’il ne change en rien ses habitudes religieuses, particulièrement austères dans l’Observance espagnole. Trois ans après, le pape Alexandre VI Borgia le désigna comme archevêque de Tolède, primat d’Espagne, probablement à la demande des souverains espagnols, Ferdinand et Isabelle. Ximenes refusa cet honneur, mais après plusieurs mois fut contraint d’accepter, "au nom de l'obéissance".

Il s’efforça, tout d'abord, de continuer sa vie religieuse et ses austérités : jeûnes, aumônes aux pauvres, port de l’habit franciscain, dormant sur des planches etc... Mais la reine Isabelle s’inquiéta pour sa santé et obtint du pape Alexandre VI qu’il contraigne Francisco à porter la soutane épiscopale et à dormir dans un lit confortable. Comme archevêque il s’efforça de réformer les moeurs du clergé, de ses chanoines, et de promouvoir une stricte observance de la pauvreté, chez les Franciscains des diverses obédiences. Il développa aussi les études en fondant l’Université d’Alcala où il attira les étudiants de la plupart des ordres religieux. Il était lui-même à l’origine d’une bible polyglotte, connue sous le nom de Bible d’Alcala (la "Complutesian") et favorisa l’étude de l’exégèse biblique.

A partir de 1499, il devint, en politique, un personnage indispensable, en particulier en raison de son action pour la reconquête spirituelle de la province de Grenade, récemment reprise aux musulmans et pour l’évangélisation des "Maures". Après la mort d’Isabelle, en 1504, et en raison de l’imbroglio qui s’ensuivit quant à la succession de Philippe de Bourgogne, Ferdinand, provisoirement absent du royaume, désigne Francisco Ximenes comme Vice-Roi et protecteur de la reine Jeanne, devenue folle. (cf. le chef d’œuvre de Montherlant : "Le Cardinal d'Espagne"). Ferdinand, rentré en Espagne et devenu régent de Castille, fait désigner Francisco comme Cardinal et Grand-Inquisiteur d’Espagne. Les historiens reconnaissent que son action à ce poste redoutable fut relativement modérée. Ximenes surveillait de près les procédures des inquisiteurs et modérait plutôt leurs actions. Il intervenait à l’occasion pour faire épargner des professeurs de théologie, des étudiants, injustement soupçonnés ou calomniés. il publia des instructions pour plus de justice envers les nouveaux convertis de l’Islam ou du Judaïsme.

En 1509, il conseilla à Ferdinand d’entreprendre une expédition en Algérie, pour délivrer les chrétiens captifs. Il prit lui-même une part active dans l’expédition militaire qui aboutit à la prise d’Oran. Il rapatria des chrétiens en Espagne, détruisit des mosquées et en transforma en églises. Cela correspondait aux idées du temps. Il fut accueillit, à son retour en Espagne, comme un héros et un libérateur. Dans le domaine politique aussi, il soutint le Pape Jules II dans ses luttes contre les rois de France, Louis XII et François I. Dans le domaine religieux, il soutint le Pape Jules II, que le synode de Pise avait voulu déposer. Le Pape réagit en convoquant le Concile de Latran qui se tint en 1512, sous Léon X, et annula le Synode schismatique.

Il convient aussi de mentionner l’œuvre plutôt bénéfique de Francisco Ximenes en faveur des missions du Nouveau Monde, en particulier du Mexique : la Nouvelle Espagne. Il provoqua le recrutement et la formation sérieuse des futurs missionnaires de l’Ordre franciscain et d’autres ordres religieux : Dominicains et Carmes. Il rédigea, pour la défense des Indiens, des instructions très précises, sur la façon de les catéchiser, de les protéger contre les exactions des colons et des soldats.

Francisco Ximénes mourut à Roa, près de Valladoïd, en 1517, à l'âge de 81 ans, vénéré par le peuple espagnol qui lui fit de grandioses obsèques et l’enterra à Alcala.

Une vie aussi remplie et impliquée dans les affaires politiques et religieuses de son temps, l’aube de la Renaissance et la conquête du Nouveau-Monde, ne pouvait être appréciée par tous de façon unanime. L’Espagne, à juste titre le considère comme une des plus grandes figures de son histoire. Les historiens d’aujourd'hui soulignent volontiers les compromissions, les violences, les actes d’intolérance propres à son époque et dont il ne fut pas toujours exempt. L’expédition à Oran était peu compatible avec l’idéal franciscain de paix. Mais on ne peut contester son amour de sa patrie, son dévouement pour la chose publique, sa fidélité aux souverains, son souci de rectitude doctrinale et de fidélité au Saint-Siège. Comme religieux il demeura toujours soucieux d’humilité au milieu des honneurs, d’austérité dans son train de vie, et il fit toujours preuve d’un grand attachement à l’Ordre franciscain.

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