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Bienheureux Gérard de Clairvaux (+ 1138)

Date de Fête: 13 juin

De 1137-1138 troisième voyage de St Bernard en Italie ; à son retour d'Italie où il l'avait accompagné, mort de Gérard, frère de Bernard, cellérier de Clairvaux.

Saint Bernard avait entrepris de commenter le Cantique des Cantiques pour ses moines. Alors qu'il était en plein travail rédactionnel, son frère Gérard, qui était moine avec lui à Clairvaux et son économe (cellérier) , meurt. Saint Bernard était à son XVIème sermon. Il le commence comme tous les autres mais, soudainement, il s’arrête et dit :

« Pourquoi dissimuler davantage ? Le feu que je cache en moi dévore mon âme par des regrets cuisants et pénètre jusqu’à la moelle de mes os. Étant enfermé, il se répand davantage, il prend de nouvelles forces. Quel rapport y a-t-il entre ce cantique de joie et l'amertume où je suis ? La violence de la douleur me rend incapable d'application, et l'indignation de Dieu a desséché mon esprit. Car (mon frère) m'ayant été ravi, mon cœur m'a abandonné en même temps. Mais je me suis fait violence, et j'ai dissimulé jusqu’à présent la grandeur de mon mal, de peur qu'il ne semblât que la foi fut vaincue par l'affection naturelle. Car (...) tandis que d'autres pleuraient, j'ai suivi ces tristes funérailles les yeux secs. (...) Ceux qui me regardaient pleuraient et s’étonnaient de ce que je ne pleurais pas aussi. (...) Mais, je résistais aux sentiments de mon cœur autant que la foi me donnait la force. (...) J'ai pu commander à mes larmes mais non pas à la tristesse. (...) Mais ma douleur ainsi retenue a jeté en moi de plus profondes racines, et est devenue d'autant plus violente que je lui ai moins permis de se répandre, je suis vaincu, je l'avoue. Il faut que ce que je souffre au dedans de moi éclate au dehors. (...) Pourquoi faut-il que tu m'aies été arraché ? Nous nous aimions si tendrement pendant notre vie, comment se peut-il faire que nous soyons séparés par la mort ? (...) Qui n'aurait épargné le lien qui nous unissait ensemble, d'un amour si doux et si tendre, sinon la mort, cette ennemie de toute douceur ? (...) Tu n'as donc point sujet de te plaindre de ce qu'on t'a ravi à moi, puisque le Seigneur de majesté te fait part abondamment de sa présence et de celle de ses bienheureux. Mais moi, qu'ai-je reçu qui me tienne lieu de toi ? (...) Celui qui est attaché à Dieu, n'est qu'un même esprit avec lui et est tout transformé dans son amour. (...) or Dieu est amour et plus une personne est unie à Dieu plus elle est remplie d'amour. (...) Ton affection n'est donc pas diminuée mais changée, et, en te revêtant de Dieu, tu ne t'es pas dépouillé du soin que tu avais pour nous, puisque Dieu même daigne en prendre soin. Coulez, coulez, mes larmes il y a longtemps, que je vous retiens; sortez (...) Loin d’être insensible au mal, j'ai horreur de la mort pour moi comme pour les miens. (...) Mes larmes mettent fin à mes discours; mettez fin, s'il vous plaît, Seigneur, à mes larmes. »

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