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Saint '''Jacques le Mineur''', appelé le "frère du Seigneur", est un des douze [[Apôtre]]s de [[Jésus]].
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Saint '''Jacques le Mineur''', appelé le "frère du Seigneur", est un des douze [[Apôtre]]s de [[Jésus]].
   
 
C'était en fait un cousin du [[Christ]]. L'on distingue Jacques le Mineur d'un autre [[Jacques_le_Majeur|Jacques]], le "Majeur" (plus ancien dans le groupe des disciples du Christ et plus élevé dans la hiérarchie interne des Douze), fils de Zébédée, enterré à [[Saint-Jacques-de-Compostelle]].
 
C'était en fait un cousin du [[Christ]]. L'on distingue Jacques le Mineur d'un autre [[Jacques_le_Majeur|Jacques]], le "Majeur" (plus ancien dans le groupe des disciples du Christ et plus élevé dans la hiérarchie interne des Douze), fils de Zébédée, enterré à [[Saint-Jacques-de-Compostelle]].
   
 
Il dirigea la communauté chrétienne de [[Jérusalem]], centrée sur le [[Cénacle]].
 
Il dirigea la communauté chrétienne de [[Jérusalem]], centrée sur le [[Cénacle]].
Hérode Agrippa en 44 déclenche une persécution qui accélère le mouvement centrifuge. [[Pierre]] réussi à se sauver mais il perd son autorité dans la communauté. Enfermé, il parvient à s'échapper, fait prévenir Jacques et quitte Jérusalem. Commence pour lui une carrière de prédicateur itinérant. Jacques assure sa relève comme chef à Jérusalem et il reste en relation avec Pierre et [[Jean]] (Ga 2:9-12). Jérusalem était à cette époque la première église, l'Église-mère et Jacques, le frère du Seigneur devient le personnage le plus en vue de la communauté judéochrétienne. Avec Jacques se pose la question des communautés mixtes (entre juifs et non-juifs). Jacques était d'après [[Eusèbe de Césarée]] un grand ascète, un partisan de la stricte observance de la loi juive et un prédicateur. Il lutte contre les tendances centrifuges de l'Église et envoie Barnabas à [[Antioche]]. Il manifeste sa solidarité avec les frères de Judée (Ac 11:27-29), négocie des compromis en envoie [[Jude]] et [[Silas]] (Ac 15:1-33). L'adversaire de Jacques semble être [[Paul de Tarse]]. En 2 co 3:1 ; 5:12 ; 10:12 peut-être parle-t-il de personnes envoyées par Jacques. En tout cas, Paul est obligé de manifester son attachement à Jacques et à Jérusalem (Rm 15:23) malgré les dissensions (Ac 15:20-29). Pendant le premier concile des apôtres à Jérusalem, Jacques établit un compromis avec Paul et dispense les pagano-chrétiens d'observances rituelles trop astreignantes. Il n'est toutefois pas dit que son action, notamment à Antioche, n'ai aboutit à une scission de la communauté chrétienne.
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Hérode Agrippa en 44 déclenche une persécution qui accélère le mouvement centrifuge. [[Pierre]] réussi à se sauver mais il perd son autorité dans la communauté. Enfermé, il parvient à s'échapper, fait prévenir Jacques et quitte Jérusalem. Commence pour lui une carrière de prédicateur itinérant. Jacques assure sa relève comme chef à Jérusalem et il reste en relation avec Pierre et [[Jean]] (Ga 2:9-12). Jérusalem était à cette époque la première église, l'Église-mère et Jacques, le frère du Seigneur devient le personnage le plus en vue de la communauté judéochrétienne. Avec Jacques se pose la question des communautés mixtes (entre juifs et non-juifs). Jacques était d'après [[Eusèbe de Césarée]] un grand ascète, un partisan de la stricte observance de la loi juive et un prédicateur. Il lutte contre les tendances centrifuges de l'Église et envoie Barnabas à [[Antioche]]. Il manifeste sa solidarité avec les frères de Judée (Ac 11:27-29), négocie des compromis en envoie [[Jude]] et [[Silas]] (Ac 15:1-33). L'adversaire de Jacques semble être [[Paul de Tarse]]. En 2 co 3:1 ; 5:12 ; 10:12 peut-être parle-t-il de personnes envoyées par Jacques. En tout cas, Paul est obligé de manifester son attachement à Jacques et à Jérusalem (Rm 15:23) malgré les dissensions (Ac 15:20-29). Pendant le premier concile des apôtres à Jérusalem, Jacques établit un compromis avec Paul et dispense les pagano-chrétiens d'observances rituelles trop astreignantes. Il n'est toutefois pas dit que son action, notamment à Antioche, n'ai aboutit à une scission de la communauté chrétienne.
   
 
Son autorité depuis Jérusalem en matière de doctrine et de discipline est incontestable. Les Hellénistes n'ayant pas opté clairement pour les milieux païens et ayant refusé le temple sont morts de leur belle mort, quant à Paul, il est mort à Rome. Pierre meurt aussi vraisemblablement entre 64 et 67. Son champ missionnaire aura été très vaste (la première lettre de Pierre s'adresse aux trois quart de l'Anatolie). Or en 62, Jacques meurt à son tour, victime d'une persécution : "''[Ananos, le grand prêtre] fit siéger une assemblée de juges et cita devant elle le frère de Jésus, appelé Christ (Jacques était son nom) et quelques autres. Il les accusa des transgresser la loi et les condamna à la lapidation. Tous ceux qui, dans la ville, paraissaient les plus modérés les plus observants supportèrent difficilement cette sentence et envoyèrent en secret au roi des messagers ...''" (Flavius Josèphe). Il est remplacé par Siméon, un autre cousin de Jésus. Cette succession se traduit par une diminution de l'influence centralisatrice de Jérusalem.
 
Son autorité depuis Jérusalem en matière de doctrine et de discipline est incontestable. Les Hellénistes n'ayant pas opté clairement pour les milieux païens et ayant refusé le temple sont morts de leur belle mort, quant à Paul, il est mort à Rome. Pierre meurt aussi vraisemblablement entre 64 et 67. Son champ missionnaire aura été très vaste (la première lettre de Pierre s'adresse aux trois quart de l'Anatolie). Or en 62, Jacques meurt à son tour, victime d'une persécution : "''[Ananos, le grand prêtre] fit siéger une assemblée de juges et cita devant elle le frère de Jésus, appelé Christ (Jacques était son nom) et quelques autres. Il les accusa des transgresser la loi et les condamna à la lapidation. Tous ceux qui, dans la ville, paraissaient les plus modérés les plus observants supportèrent difficilement cette sentence et envoyèrent en secret au roi des messagers ...''" (Flavius Josèphe). Il est remplacé par Siméon, un autre cousin de Jésus. Cette succession se traduit par une diminution de l'influence centralisatrice de Jérusalem.
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Jacques le Mineur mourut [[martyr]] en 62. Sa mort fut affreuse : on le fit monter sur le pinacle du [[Temple de Jérusalem]] – lieu d'une des tentations du Christ –, le jeta à bas, et c'est un foulon qui l'acheva à coups de masse, après un début de lapidation. Là se trouve aujourd'hui un "parc archéologique" établi par les autorités israéliennes. Comme lors du martyre de saint Étienne, le Sanhédrin (à l'instigation du grand-prêtre Anne, cinquième fils de l'homonyme qui, avec Caïphe, avait fait arrêter Jésus) abusa d'un intérim chez l'occupant romain.
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Jacques le Mineur mourut [[martyr]] en 62. Sa mort fut affreuse : on le fit monter sur le pinacle du [[Temple de Jérusalem]] – lieu d'une des tentations du Christ –, le jeta à bas, et c'est un foulon qui l'acheva à coups de masse, après un début de lapidation. Là se trouve aujourd'hui un "parc archéologique" établi par les autorités israéliennes. Comme lors du martyre de saint Étienne, le Sanhédrin (à l'instigation du grand-prêtre Anne, cinquième fils de l'homonyme qui, avec Caïphe, avait fait arrêter Jésus) abusa d'un intérim chez l'occupant romain.
   
 
La dépouille de Jacques le Mineur se trouve sous l'autel majeur de la cathédrale Saint-Jacques des Arméniens, à [[Jérusalem]], construite sur le site de la décapitation (en 44) de [[Jacques le Majeur]].
 
La dépouille de Jacques le Mineur se trouve sous l'autel majeur de la cathédrale Saint-Jacques des Arméniens, à [[Jérusalem]], construite sur le site de la décapitation (en 44) de [[Jacques le Majeur]].
 
==Articles connexes==
 
*[[Frères de Jésus]]
 
[[Catégorie:Apôtre]]
 
 
[[Catégorie:Martyr]]
 
[[Catégorie:Martyr]]
 
[[Catégorie:Douze]]
 
[[Catégorie:Douze]]

Version actuelle en date du février 25, 2020 à 19:30

Saint Jacques le Mineur, appelé le "frère du Seigneur", est un des douze Apôtres de Jésus.

C'était en fait un cousin du Christ. L'on distingue Jacques le Mineur d'un autre Jacques, le "Majeur" (plus ancien dans le groupe des disciples du Christ et plus élevé dans la hiérarchie interne des Douze), fils de Zébédée, enterré à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Il dirigea la communauté chrétienne de Jérusalem, centrée sur le Cénacle. Hérode Agrippa en 44 déclenche une persécution qui accélère le mouvement centrifuge. Pierre réussi à se sauver mais il perd son autorité dans la communauté. Enfermé, il parvient à s'échapper, fait prévenir Jacques et quitte Jérusalem. Commence pour lui une carrière de prédicateur itinérant. Jacques assure sa relève comme chef à Jérusalem et il reste en relation avec Pierre et Jean (Ga 2:9-12). Jérusalem était à cette époque la première église, l'Église-mère et Jacques, le frère du Seigneur devient le personnage le plus en vue de la communauté judéochrétienne. Avec Jacques se pose la question des communautés mixtes (entre juifs et non-juifs). Jacques était d'après Eusèbe de Césarée un grand ascète, un partisan de la stricte observance de la loi juive et un prédicateur. Il lutte contre les tendances centrifuges de l'Église et envoie Barnabas à Antioche. Il manifeste sa solidarité avec les frères de Judée (Ac 11:27-29), négocie des compromis en envoie Jude et Silas (Ac 15:1-33). L'adversaire de Jacques semble être Paul de Tarse. En 2 co 3:1 ; 5:12 ; 10:12 peut-être parle-t-il de personnes envoyées par Jacques. En tout cas, Paul est obligé de manifester son attachement à Jacques et à Jérusalem (Rm 15:23) malgré les dissensions (Ac 15:20-29). Pendant le premier concile des apôtres à Jérusalem, Jacques établit un compromis avec Paul et dispense les pagano-chrétiens d'observances rituelles trop astreignantes. Il n'est toutefois pas dit que son action, notamment à Antioche, n'ai aboutit à une scission de la communauté chrétienne.

Son autorité depuis Jérusalem en matière de doctrine et de discipline est incontestable. Les Hellénistes n'ayant pas opté clairement pour les milieux païens et ayant refusé le temple sont morts de leur belle mort, quant à Paul, il est mort à Rome. Pierre meurt aussi vraisemblablement entre 64 et 67. Son champ missionnaire aura été très vaste (la première lettre de Pierre s'adresse aux trois quart de l'Anatolie). Or en 62, Jacques meurt à son tour, victime d'une persécution : "[Ananos, le grand prêtre] fit siéger une assemblée de juges et cita devant elle le frère de Jésus, appelé Christ (Jacques était son nom) et quelques autres. Il les accusa des transgresser la loi et les condamna à la lapidation. Tous ceux qui, dans la ville, paraissaient les plus modérés les plus observants supportèrent difficilement cette sentence et envoyèrent en secret au roi des messagers ..." (Flavius Josèphe). Il est remplacé par Siméon, un autre cousin de Jésus. Cette succession se traduit par une diminution de l'influence centralisatrice de Jérusalem.

"L'exécution de leur chef Jacques et de ceux qui étaient proches de lui représentait pour la communauté primitive 'une catastrophe dont elle ne se remettra pas' : 'les adeptes du parti de l'élite sacerdotale voyaient en Jacques et en ses amis un danger religieux et politique comparable à celui qu'avait représenté Jésus pour le peuple trente-deux ans auparavant' (M. Hengel). Pour nombre de Judéochrétiens, Jacques passera dans la légende et deviendra de plus en plus une figure idéalisée et absolutisée. La lettre qui lui est attribuée corrige sur plusieurs points Paul. Selon l'évangile aux Hébreux, un écrit non canonique (à ne pas confondre avec la lettre aux Hébreux, écrit canonique) Jacques, en contradiction avec toutes les autres sources, aurait non seulement pris part au dernier repas de Jésus, mais aussi bénéficié de la première apparition du Ressuscité" (HK)

Deux ans après sa mort mourrait aussi Paul. Avec la guerre juive et l'exclusion hors des synagogues des chrétiens, c'est après la communauté de Jérusalem l'ensemble de la communauté judéochrétienne qui allait entrer en crise.


Jacques le Mineur mourut martyr en 62. Sa mort fut affreuse : on le fit monter sur le pinacle du Temple de Jérusalem – lieu d'une des tentations du Christ –, le jeta à bas, et c'est un foulon qui l'acheva à coups de masse, après un début de lapidation. Là se trouve aujourd'hui un "parc archéologique" établi par les autorités israéliennes. Comme lors du martyre de saint Étienne, le Sanhédrin (à l'instigation du grand-prêtre Anne, cinquième fils de l'homonyme qui, avec Caïphe, avait fait arrêter Jésus) abusa d'un intérim chez l'occupant romain.

La dépouille de Jacques le Mineur se trouve sous l'autel majeur de la cathédrale Saint-Jacques des Arméniens, à Jérusalem, construite sur le site de la décapitation (en 44) de Jacques le Majeur.

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