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Saint Léon Ier le Grand, docteur de l'Église, est le 45e Pape de l'Eglise catholique (règne : 29 septembre 440 - 10 novembre 461).

Il a été proclamé docteur de l'Église en 1754.

Vie Modifier

Ses origines sont assez mal connues : on le dit Toscan, né à Volterra. Il fut archidiacre à Rome sous le pontificat de Célestin Ier (422/432) puis de Sixte III (432/440) dont il est l'homme de confiance. À la mort de ce dernier, le 19 août 440, Léon est en Gaule à la demande de la cour de Ravenne afin d'arbitrer un conflit entre le patrice Aetius et le préfet du prétoire Albinus. Son prestige est si grand qu'il est élu avant même son retour de Gaule. Il rentre à Rome en septembre pour être sacré le 29 septembre.

Léon Ier possède au plus haut point la conscience de la dignité de sa fonction d'évêque de Rome. Il justifie la primauté du Pape par sa qualité de successeur de Pierre, insistant de façon claire sur la fonction plutôt que sur la qualité de la personne qui l'assume. En 445 l'empereur Valentinien III reconnaît officiellement la primauté du pape.

A Rome et en Italie, il réprime la secte des manichéens et le pélagianisme. En 443 il rassemble à Rome de nombreux évêques et prêtres pour mettre en garde contre les sectes et inviter ceux qui le souhaitent à se rétracter de leurs erreurs. Beaucoup, semble-t-il, se rétractèrent ; les récalcitrants furent sanctionnés. Léon oblige aussi les évêques italiens à assister chaque année au synode de Rome. Il leur rappelle les conditions d'admission à l'épiscopat.

Notamment en Gaule et en Espagne, il encourage la lutte contre le priscillianisne, invitant l'évêque d'Astorga à réunir un concile contre cette hérésie. De même il exprime sa réprobation à Hilaire d'Arles qui s'arroge un pouvoir sur les évêques de Gaule.

Théodose II convoque un concile à Éphèse en 449 mais Eutychès empêche les représentants du pape de prendre la parole (le brigandage d'Éphèse). Le triomphe d'Eutychès est de courte durée car après la mort accidentelle de Théodose II la nouvelle impératrice Pulchérie et son mari Marcien, favorables à l'orthodoxie, convoquent un nouveau concile à Chalcédoine (451). Léon Ier fait triompher son point de vue et à la lecture de son Tome à Flavien l'assemblée se lève s'écriant : « C'est Pierre qui parle par la bouche de Léon ».

Si le triomphe doctrinal est complet il en va différemment sur le plan politique ou Léon Ier accuse un échec avec le 28e canon du concile qui affirme l'égalité de droit des sièges de Rome et de Constantinople, les deux villes étant cités impériales. Pour Léon c'est inacceptable car sa primauté, estime-t-il vient non pas du prestige de la ville mais de sa qualité de successeur de Pierre. Cette tension est source de bien des conflits dans l'avenir.

L'action politique de Léon Ier est considérable. L'épisode le plus célèbre est la rencontre avec Attila en 452 à Mantoue où le pape persuade le conquérant de faire demi-tour. Il est vrai que l'intervention de l'empereur Marcien sur les arrières des Huns n'est sans doute pas étrangère au retrait d'Attila, plus sans doute que le pouvoir de persuasion du pape. En 455 il lui est impossible d'empêcher le deuxième pillage de Rome par Genséric et ses Vandales. Tout au plus parvient-il à négocier que la ville ne soit pas incendiée et qu'il n'y ait ni meurtres, ni viols, ni violences.

Léon Ier meurt le 10 novembre 461. Il est enseveli sous le portique de la basilique Vaticane. Il est, avec Grégoire Ier le Grand le seul pape auquel a été attribué le qualificatif de « grand ».

Œuvres Modifier

Les innombrables querelles sur la personne et la nature du Christ permettent à Léon Ier d'en imposer aux théologiens byzantins. Dans le Tome à Flavien, lettre publié le 13 juin 449 et adressée au patriarche de Constantinople, il exprime de façon magistrale la doctrine de l'unicité de la personne du Christ subsistant en deux natures distinctes et réfute ainsi clairement le monophysisme.

Il ignore probablement le grec, ne goûte guère la philosophie et les auteurs classiques dont on ne trouve quasiment pas de citations dans la centaine de sermons que l'on possède de lui.

On possède de lui 173 lettres qui sont autant de documents sur la vie de l'Église chrétienne et de la papauté.

Il est aussi le premier pape dont ont ait gardé les sermons, 96 en tout, prononcés généralement lors de l'année liturgique. D'une grande simplicité et clarté, souvent assez courts, ils exposent les mystères du Christ, préconisent le jeûne et la générosité et prêchent le dogme de l'Incarnation tel qu'il est défini au concile de Chalcédoine. Certains expliquent aussi sa conception du rôle du souverain pontife lequel est l'héritier de l'autorité conférée par Jésus à Pierre. Ce dernier, selon Léon Ier, est toujours présent dans l'Église et transmet à son successeur son autorité suprême. C'est pourquoi seul le siège apostolique, le siège de l'Apôtre, c'est-à-dire Rome, doit recevoir la mission de diriger l'Église universelle (catholique). Il considère qu'à la grandeur passée de la cité impériale doit succéder l'humilité de la Rome des apôtres Pierre et Paul.

Le Sacramentaire léonien qui est une compilation de textes liturgiques des Ve, VIe et VIIe s. contient probablement des éléments qui remontent à Léon Ier. C'est en quelque sorte le premier missel.


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