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Léon XII (Annibale Sermattei della Genga, né à Castello della Genga, près de Spolète, en 1760) est le 252e Pape de l'Eglise catholique (règne : 28 septembre 1823 - 10 février 1829).

Avant le pontificat Modifier

Le futur pape Léon XII, né dans une famille noble, étudia à Rome et, après son ordination en 1783, devint le secrétaire privé du pape Pie VI.

En 1784, Pie VI l'envoya comme ambassadeur en Suisse, à Lucerne. Fait archevêque titulaire de Tyr en 1793, il fut nonce à Cologne et en Bavière, de 1794 à 1805. Pie VII l'envoya en tant que représentant personnel à la diète de Ratisbonne (1805) et lui confirma des négociations, qui s'avèreront infructueuses, visant à conclure des concordats avec la Bavière et le Bade-Würtemberg. En 1808, Annibale della Genga dut traiter avec Napoléon, qui le reçu froidement.

Durant la captivité de Pie VII, della Genga vécut reclus, quasi prisonnier, dans son abbaye de Monticelli, près de Plaisance en Italie. Lorsque Pie VII put retourner à Rome, della Genga devint son nonce à Paris. Le Secrétaire d'Etat Consalvi souhaitait obtenir de la France la restitution d'Avignon ; Annibale della Genga n'ayant pas eu de succès, il dut se retirer, une fois de plus, à Monticelli.

Néanmoins, en 1816, Pie VII le créa cardinal et le nomma aux sièges de Senigallia puis, en 1816, de Spolète. En 1820, il devint vicaire général de Rome et préfet de plusieurs congrégations.

Pontificat Modifier

Léon XII est réputé être le pape des "zelanti", groupe de cardinaux et de membres de la curie partisans d'une politique papale inflexible et d'une Eglise puissante et, si besoin, autoritaire ; en fait, surtout, Léon XII voulait donner une claire priorité aux questions religieuses sur les questions politiques. On le surnomma à l'extérieur "le Pape de la Sainte-Alliance". Il fut effectivement élu par un conclave tumultueux contre le "libéral" Consalvi.

A peine élu, il remplaça le Secrétaire d'Etat Consalvi par un conservateur. Sa politique se voulait ouvertement "réactionnaire" : remise à l'honneur du Saint-Office et de l'index des livres interdits, condamnations vigoureuses de l'indifférentisme, de la "tolérance" et de la franc-maçonnerie, etc.

Dans les Etats pontificaux, il maintint certaines réformes de Pie VII, prit des mesures fiscales impopulaires mais nécessaires, mais il mit un coup d'arrêt à la laïcisation de l'administration, rendit certains privilèges aux nobles et rétablit les cours ecclésiastiques. Entre autres mesures, il réinstaura l'obligation théorique faite aux juifs de résider dans les ghettos. La modernisation qu'avait tentée Consalvi fut remplacée par un régime d'étroite surveillance des idées et des personnes, avec un régime quasi policier, en butte à une insécurité considérable (brigandage). Il s'ensuivit une impopularité croissante du pontife dans les classes moyennes et une stagnation économique.

Sur le plan politique international, il finit par décevoir les régimes les plus réactionnaires, en se montrant plus conciliant et en redonnant un rôle à Consalvi, nommé à la tête de la Congrégation de la propagande de la foi. Il revint à la politique des Concordats, conclus avec Hannovre (1824) et les Pays-Bas (1827). En 1830, il obtint du Sultan de Turquie l'émancipation des communautés catholiques arméniennes. Il mécontenta le roi Ferdinand VII d'Espagne en décidant, le 21 mai 1827, de pourvoir les sièges épiscopaux restés vacants dans les Républiques latino-américaines.

Léon XII soutint les catholiques britanniques, qui, peu après sa mort, publièrent l'"Acte d'émancipation des catholiques romains" (13 avril 1829).

Pendant une brève période, Léon XII eut des sympathies pour les idées de Lamennais, qu'il estima même digne d'être créé cardinal, sur la question du rôle de guide spirituel universel que devait endosser le pape, s'abstenant de toute action politique. Dans les faits, le plus souvent, Léon XII soutint les souverains pour contenir les progrès du libéralisme.

Malgré une santé fragile, il s'engagea dans l'organisation et la célébration du Jubilé de 1825 - celui de l'année 1800 ne put pas avoir lieu. Léon XII chercha à faire revivre la foi dans les populations, à donner un rôle aux monastères dans l'activité apostoliques, et à améliorer la formation du clergé.

Léon XII était un pape d'une grande piété, menant une existence austère, fuyant le luxe et l'ostentation. Son "cléricalisme", l'empêchant de percevoir l'évolution du monde de son temps dans la recherche de solutions à des problèmes pressants, le rendit toujours plus impopulaire.

Léon XII est enterré dans la basilique Saint-Pierre de Rome.


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