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Le bienheureux Pie IX (Giovanni Maria Mastaï-Ferretti, né le 13 mai 1792 à Senigallia) est le 251e Pape de l'Eglise catholique (règne : 16 juin 1846 - 7 février 1878). Il fut béatifié (en même temps que Jean XXIII) par Jean-Paul II durant le Grand Jubilé de l'an 2000.

Avant le pontificat Modifier

Giovanni Maria Mastaï-Ferretti est le quatrième fils d'un comte, né à Senigallia dans la marche d'Ancône. Il étudia à Viterbe et à Rome et fut ordonné prêtre en 1819.

De 1823 à 1825, il eut un mandat pontifical au Chili. De 1825 à 1827, il dirigea l'hospice Saint-Michel à Rome.

Il fut successivement archevêque de Spolète (1827-1832), évêque d'Imola (1832-1840), cardinal (1840) avant d'être élu pape en 1849.

Pontificat Modifier

Pie IX fut élu pape le 16 juin 1846, après deux jours de conclave. On estimait qu'il était un progressiste modéré et le préféra au cardinal Lambruschini, jugé réactionnaire. Dès son élection, il concéda une amnistie en faveur des détenus politiques.

Ce pape fut d'abord considéré comme un "libéral" : sa bonhomie, sa charité, son indépendance à l'égard des querelles politiques et certaines mesures lui attirèrent de larges sympathies. Il estimait d'ailleurs que l'Etat pontifical devait être administrativement réformé ; il institua des conseils d'Etat et de cités. Il modernisa les Etats pontificaux en y établissant un régime constitutionnel (1848) ainsi qu'en y introduisant le télégraphe, le chemin de fer, le gaz. Cependant, les sympathies des nationalistes italiens pour Pie IX déclinèrent quant il apparut que le Pape ne pouvait aller jusqu'à renoncer à la souveraineté temporelle, condition sine qua non pour son indépendance spirituelle ; il n'était pas question pour Pie IX de fonder un Etat constitutionnel ou d'y immerger l'Etat pontifical.

En mars 1948, Pie IX accepta, contraint, d'instituer un Parlement à deux chambres élues. Cependant, le 29 avril 1948, il refusa d'entrer dans la guerre "nationale" italienne visant à expulser les Autrichiens. Sa neutralité apparut comme une "trahison", ce qui suscita des émeutes et força Pie IX à quitter son palais (le Quirinal), déguisé, et de se réfugier à Gaète le 24 novembre 1848. Les émeutiers venaient d'assassiner le comte Rossi, son Premier Ministre, le 15 novembre 1848. Les émeutiers ayant proclamé la "République romaine", Pie IX fit appel aux puissances européennes catholiques. Le prince Louis-Napoléon rétablit à Rome l'autorité pontificale le 15 juillet 1849 mais Pie IX ne rentra à Rome que le 12 avril 1850, pour ne pas donner l'impression d'être dépendant d'une puissance étrangère.

Pie IX mit alors fin à son attitude libérale et, avec son Secrétaire d'Etat Giacomo Antonelli (1848-1876), instaura un régime "paternaliste" visant à décourager les aspirations nationales italiennes. Dès lors, pendant 20 ans, il y eut une lutte entre Rome et le Piémont, qui aboutit à la suppression des Etats pontificaux, annexés au Royaume d'Italie, qui prit Rome comme capitale. Auparavant, après des défaites successives, l'Etat pontifical indépendant avait été réduit au seul Latium par le comte Cavour, Premier Ministre piémontais dès 1852. Rome fut dès lors protégée, notamment, par une garnison française, qui fut retirée lorsqu'éclata la guerre franco-prusienne.

Le 20 septembre 1870, la prise de Rome est le fait accompli qui créa la Question romaine, Pie IX ayant refusé la "loi des garanties" (13 mai 1871) qui lui proposait l'immunité de la personne du pape, une compensation financière et une souveraineté réduite au Vatican, au Latran et à Castelgandolfo. Pie IX et ses successeurs immédiats se considérèrent dès lors comme "prisonniers volontaires dans le Vatican". Dans chaque pays catholique, la Question romaine empoisonna les relations avec l'Italie et il se constitua un parti "ultramontain", favorable au Pape. Pie IX ne se sentait pas le droit de dilapider l'héritage reçu de ses prédécesseurs. Par le décret "Non expedit" du 29 février 1868, il interdit aux catholiques de prendre part à la vie politique du Royaume d'Italie "usurpateur".

Le règne de Pie IX sera assombri également par le Kulturkampf déclenché en Allemagne par le chancelier Bismarck, qui après le Ier concile du Vatican s'attaqua à l'Eglise. Pie IX chercha à apporter un soutien aux catholiques de Prusse ("Parti du centre", 1852) et du reste de l'Allemagne.

Sous l'angle de la politique ecclésiastique, le pontificat de Pie IX fut riche et fructueux. Plus de deux cents nouveaux diocèses ou vicariats apostoliques ont été fondés, spécialement aux Etats-Unis et dans les possessions britanniques. Sous le règne de Pie IX, le Patriarcat latin de Jérusalem fut établi en 1847 et une hiérarchie catholique fut reconstituée en Angleterre (1850), dans les Pays-Bas (1853). Des concordats ont été signés avec la Russie (1847), l'Espagne (1851), l'Autriche (1855, dénoncé en 1874) ainsi qu'avec les Etats d'Amérique latine, entre 1852 et 1862.

Le contexte politique aussi bien que les moyens techniques facilitèrent un processus de centralisation : les évêques perdaient leur pouvoir politique autonome, au profit du Pape. Cette centralisation permit de réduire voire de supprimer les dernières traces de joséphisme (Autriche) et de gallicanisme (France).

Pie IX a procédé à un nombre important de canonisations et de béatifications. Le 16 juin 1875, qui était en principe une Année sainte mais durant laquelle ne fut pas proclamé de jubilé au sens plénier, Pie IX consacra le monde catholique au Sacré-Cœur de Jésus ; en 1856, Pie IX avait inscrit la fête du Sacré-Cœur dans le calendrier universel de l'Eglise.

Pie IX proclama le dogme de l'Immaculée Conception de Marie, le 8 décembre 1854. Cette proclamation avait eu l'assentiment de l'épiscopat tout entier ; elle renforça la dévotion mariale et permit des développements en matière de théologie.

Un autre développement important sur le plan dogmatique fut la publication de l'encyclique "Quanta cura", le 18 décembre 1864, accompagnée du Syllabus errorum (liste des "principales erreurs de notre temps"). Cette attaque frontale contre le "catholicisme libéral" excluait l'idée que le pape puisse transiger avec les idées de progrès et de modernité tels qu'ils étaient conçus au XIXe siècle ; Pie IX affirmait l'autonomie radicale de l'Eglise par rapport aux Etats modernes, qui se voulaient neutres (voire hostiles) en matière religieuse.

Pie IX convoqua le Ier concile du Vatican, constituant le 20e concile œcuménique de l'histoire et le premier depuis trois siècles, après le Concile de Trente. Ce concile, où fut défini le dogme de l'infaillibilité pontificale (le 18 juillet 1870) fut interrompu par la guerre franco-allemande. L'affirmation du caractère définitif et vrai des définitions que le souverain pontife proclamerait "ex cathedra" sur les plans de la foi et des mœurs constitue l'aboutissement d'un long développement contre le "conciliarisme". Le Concile proclama également, dans sa constitution "Dei Filius" (24 avril 1870), la doctrine catholique en matière de rapports entre la foi et la raison, condamnant le panthéisme, le matérialisme et l'athéisme contemporains.

Ce concile et la proclamation du dogme de l'infaillibilité pontificale suscita un schisme dans les Pays-Bas, en Suisse et d'autres régions (les "vieux-catholiques" ou "catholiques chrétiens") et enflamma des réactions anti-cléricales. L'encyclique "Quod numquam" (5 février 1875) condamna le Kulturkampf et les autres expressions d'intolérance laïque.

Durant ses plus de trente ans de règne, Pie IX parvint à créer la papauté moderne : dépourvue de pouvoir temporel - ce dont Pie IX ne cessera de se lamenter - et dotée d'une plus grande autorité spirituelle. Il faudra les Accords du Latran pour donner à cette autorité spirituelle une souveraineté temporelle (l'Etat de la Cité du Vatican) propre à garantir la pleine autonomie et liberté de cette autorité du Saint-Siège. La vie religieuse intérieure à l'Eglise fut, dans les tribulations du temps de Pie IX, renforcée.

Pie IX était un pape dévot, profondément religieux. Il célébra avec enthousiasme des "jubilés" commémorant les anniversaires de son ordination sacerdotale (1869) et épiscopale (1873) ainsi que son élection pontificale (1871 et 1876).

Pie IX mourut 7 février 1878. Son pontificat sera le plus long de l'histoire de l'Eglise (31 ans et 7 mois), après celui de saint Pierre. Le 13 juillet 1881, sa dépouille fut transférée dans la basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs. C'était la première fois, depuis la prise de Rome, que le pape sortait du Vatican. Une foule d'anticléricaux romains chercha alors à perturber le cortège funèbre.

Culte Modifier

Le bienheureux Pie IX repose dans la basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs.

Ses vertus héroïques furent reconnues en 1985. Il fut béatifié par Jean-Paul II durant le Grand Jubilé de l'an 2000.


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Liste des papes
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