FANDOM


Pie VII (Gregorio Luigi Barnabo Chiaramonti, né à Césène/Cesena le 14 avril 1742) est le 251e Pape de l’Église catholique (règne : 14 mars 1800 - 20 août 1823).

Avant le pontificat Modifier

Luigi Chiaramonti est né dans une famille noble. Il entra dans l'ordre bénédictin à l'âge de 14 ans, recevant en religion le prénom Gregorio.

Après des études à Padoue et à Rome, il devint professeur de théologie à Parme (1766-1775) puis à Saint-Anselme à Rome (1775-1781).

En 1782, il est nommé évêque de Tibur/Tivoli par le pape Pie VI, puis transféré au siège plus important d'Imola et créé cardinal, en 1785. Cet évêque courageux et perspicace était très ouvert aux idées modernes, au point de choquer les conservateurs en déclarant, dans un sermon de Noël 1797, qu'il n'y avait pas nécessairement contradiction entre christianisme et démocratie.

Pontificat Modifier

Pie VII fut élu dans des circonstances exceptionnelles : un conclave se réunit à Venise, dans le monastère bénédiction de San Giorgio. Cela correspondait aux volontés du pape Pie VI, qui souhaitait une telle convocation par le cardinal doyen, dans le lieu de son choix. Après 4 mois 1/2 de délibération, le Sacré-Collège se mit d'accord pour élire le cardinal Chiaramonti, qui prit le nom de Pie VII afin de marquer une continuité et une solidarité avec Pie VI, son prédécesseur mort en exil.

Pie VII put démontrer et préserver son indépendance en restant sur territoire autrichien tant que Rome était occupée par les troupes françaises, et en regagnant Rome dès que possible, le le 3 juillet 1800 - les troupes françaises ayant évacué Rome et Bonaparte, devenu Premier Consul, affichant de bonnes intentions vis-à-vis de la religion. Il nomma un Secrétaire d’État brillant, Ercole Consalvi (1757-1824), qu'il créa cardinal.

Pour commencer, Pie VII convainquit les Autrichiens et les Napolitains de se retirer des territoires pontificaux occupés, à défaut de pouvoir le faire à l'égard de la France. Avec l'aide du cardinal Consalvi, il reprit leur administration, moyennant certaines réformes.

Soucieux de s'entendre avec la France dans la mesure où sa politique cesserait d'être anti-catholique et anti-chrétienne, Pie VII signa un Concordat avec la France, le 16 juillet 1801 ; ce traité comprenait des articles d'inspiration gallicane mais permettait au moins de rendre une existence légale au catholicisme en France ; plus tard, Napoléon ajoutera unilatéralement des "articles organiques" (6 avril 1802), renforçant l'ingérence du pouvoir politique national français sur l’Église.

Un accord semblable à celui conclu avec les Français, mais plus favorable à l’Église, fut signé avec la "République italienne" en 1803. La même année, Pie VII ne parvint à faire de même avec l'Allemagne, suite à la sécularisation (confiscation) des biens de l’Église.

Contre l'avis de la Curie, Pie VII accepta de se rendre à Paris pour y présider le sacre de Napoléon Ier empereur ; il eut lieu le 2 décembre 1804, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Les espoirs de Pie VII de voir retirer les "articles organiques" furent vains.

Les relations avec l'Empereur se gâtèrent quand Pie VII, qui avait accepté de se séparer de Consalvi (17 juin 1806), refusa d'adhérer au blocus continental contre l'Angleterre. Rome furent militairement occupée le 2 février 1808 et, le 17 mai 1809, les États pontificaux furent annexés à l'Empire français. Pie VII excommunia tous les "voleurs du patrimoine de Pierre", donc implicitement Napoléon, qui fit arrêter le pape, le 5-6 juillet 1809, ainsi que son Secrétaire d’État, le cardinal Pacca.

Pie VII fut conduit à Savone, mis au secret, puis à Grenoble, où il reçut de la foule un accueil fervent. Il passa ensuite 3 ans en exil à Savone (côte ligure). Pie VII refusa d'investir les évêques nommés par l'empereur ; il consentit oralement, en septembre 1811, à ce qu'ils soient investis par leurs métropolites. En mai-juin 1812, Napoléon le fit transférer au château de Fontainebleau. Là, le pape malade et affaibli fut contraint de signer, le 25 janvier 1813, une esquisse de traité, le "Concordat de Fontainebleau", avec d'énormes concessions, dont la renonciation aux États pontificaux. Bientôt, le 24 mars 1813, Pie VII se rétracta. C'est dans ce contexte que le pape eut ce mot, face à Napoléon en colère : "Commediante, tragediante !" Napoléon caressa le projet d'installer les États pontificaux dans l'île de la Cité, à Paris. Pie VII refusa.

Le 19 janvier 1814, Napoléon fut contraint de restituer ses États au Pape, qui quitta Fontainebleau le 23 janvier. Après un bref séjour à Savone et à Bologne, il rentra triomphalement à Rome le 24 mai 1814. L'une des premières mesures qu'il prendra, le 7 mai 1814, est de reprendre Consalvi comme Secrétaire d’État et, le 7 août 1814, de rétablir l'Ordre des jésuites, dont les activités avaient déjà été autorisés par Pie VII en Russie (1801) et dans le Royaume de Naples (1804). Son retour au Vatican eut lieu le 7 juin 1815. Son emprisonnement n'avait fait qu'augmenter son prestige. Cependant, il lui faudra encore une fois quitter la ville, pour se réfugier à Viterbe puis à Gênes, lorsque Murat, roi de Naples, envahira les États pontificaux. Pie VII retourna dans son palais du Quirinal le 22 juin 1815.

Lors du Congrès de Vienne (1814-1815), Consalvi négocia et obtint la restitution au Saint-Siège de presque toutes ses possessions, à l'exception d'Avignon et du Comtat Venaissin. Dans les États pontificaux reconstitués, Consalvi tenta d'apporter des réformes administratives, judiciaires et financières de nature libérale, sur le modèle français ; la tâche était très difficile et finalement, aussi bien les réactionnaires que les progressistes furent fâchés de ces changements, provoquant des troubles graves.

Pie VII refusa d'adhérer à la Sainte-Alliance, car cela aurait signifié pour lui l'adhésion à un manifeste religieux aux côtés de souverains schismatiques et hérétiques ; la même fermeté fut maintenue à l'encontre des francs-maçons, de l'indifférentisme encouragé par les Lumières et des sociétés bibliques protestantes. En France et en Espagne, Pie VII coopéra souvent avec les milieux contre-révolutionnaires pour restaurer ce qui avait été détruit ou ébranlé ; avec la France, c'est finalement le concordat de 1801 qui fut appliqué, celui, plus généreux pour l’Église proposé par Louis XVIII en 1817, ayant suscité de fortes oppositions internes. Dans les États non catholiques, il en appela aux idées nouvelles de tolérance et de liberté pour donner un espace au catholicisme. Pie VII négocia des concordats avec la Prusse protestante (1821) et avec la Russie orthodoxe (1818).

Alors que les possessions sud-américaines de l'Espagne se rebellaient, le Saint-Siège s'en tint à une attitude neutre, pour des raisons plus religieuses que politiques. La Congrégation de la Propagande fut également reconstituée.

Pie VII protégera la famille de Napoléon et interviendra plusieurs fois auprès du gouvernement britannique en faveur de l'empereur déchu, son ancien geôlier devenu prisonnier à Sainte-Hélène.

Le pape Pie VII chercha à faire de Rome un centre d'art et de culture. Il soutint l'artiste Canova, notamment, et rouvrit les collèges que les Français avaient fermés. Tout au long de son pontificat, il se distingua par sa bonté, son humilité et sa douceur. On peut lui attribuer le début d'une reconnaissance de l'autorité supranationale, spirituelle, du Pape.

Pie VII est enterré dans la basilique Saint-Pierre de Rome.


Précédé par
Pie VI
40px

Liste des papes
Liste détaillée des papes

Suivi par
Léon XII
Sauf mention contraire, le contenu de la communauté est disponible sous licence CC-BY-SA .