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La Question romaine est le conflit qui a opposé au XIXe siècle et jusqu'en 1929 (Accords du Latran) le Saint-Siège, souverain des Etats pontificaux, et les tenants de l'unification de la nation italienne, cherchant à faire de Rome leur capitale.

D'une part, le Pape était le souverain légal d'une partie de l'Italie et, par sa fonction, pouvait légitimement prétendre au maintien de son statut indépendant et souverain. D'autre part, au moment du réveil des nationalités, un même mouvement qu'en Allemagne voulait unifier une mosaïque de petits Etats en un grand Etat national de culture italienne. Rome est à la fois la capitale "naturelle" de l'Italie et davantage que cela : d'où la "Question romaine".

Cette question divisa autant la nation italienne, profondément catholique (y compris la noblesse, divisée entre "noblesse noire" fidèle au Pape et aristocrates soutenant la monarchie des Savoie), et suscita également des divisions parmi les nations européennes, notamment en matière diplomatique.

Une fois que les garibaldiens eurent pris militairement Rome, le Pape Pie IX et ses successeurs se retranchèrent derrière les murs du Vatican et se considérèrent "prisonniers volontaires". Le Quirinal, ancienne résidence d'été des Papes, devint le palais du Roi d'Italie. Entre 1870 et 1900, la Question romaine atteint son paroxysme, empêchant même la célébration du Jubilé de 1875 ; le Pape cessa de bénir Urbi et Orbi.

Peu à peu s'instaura un modus vivendi, les Années saintes 1900 et 1925 furent célébrées, l'anticléricalisme devint moins virulent dans les cercles du pouvoir italien et l'intransigeance des Papes diminua. En 1929 furent signés les Accords du Latran, qui reconnurent à l'Italie la souveraineté sur la quasi totalité du territoire des anciens Etats Pontificaux (avec Rome comme capitale) et qui reconnurent pour le Saint-Siège des indemnités et des garanties, en particulier en préservant une assise territoriale souveraine, l'Etat de la Cité du Vatican. Avec sagesse, la diplomatie vaticane ne demanda qu'un territoire minimal, ce qui quelques années plus tard contribua largement à préserver le Saint-Siège de l'occupation par les troupes fascistes puis nazies.

La résolution de la Question romaine renforça le caractère universel (supranational, non-italien) et spirituel (dégagé des servitudes et de la pompe d'une administration millénaire). Ce fut la condition et le prélude aux grands changements survenus durant la deuxième moitié du XXe siècle, avec les grands voyages apostoliques des Papes, l'internationalisation du Sacré-Collège et de l'épiscopat, l'élection de Papes non italiens.

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