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Le tympan de l'abbatiale Sainte Foy De Conques est orné d'un bas relief comportant plus de cent personnages. Ce bas relief a été conçu au début du XII ème Siècle. Il est protégé par un gable et englobe deux linteaux en bâtière . Il est divisé en registres délimités par des bandeaux sur lesquels sont écrits des textes en latin issus pour la plupart de l'évangile selon saint Matthieu. La plupart des gens ne savaient pas lire à l'époque mais il était également nécessaires que les rares lettrés comprennent les éléments essentiels du Jugement dernier représenté sur ce bas relief.


La figure centrale est le Christ qui est le personnage le plus grand de l'ensemble des sculptures. Au dessus la croix et les anges portent les instruments de la passion. Aux pieds du Christ on peut voir la "pesée des âmes" effectuée par l'archange Michel et satan. Ce dernier essaye de tricher avec son doigt et tout en ricanant essaye de faire pencher la balance en sa faveur. Le plateau de la balance comporte des croix et l'emporte sur celui de satan. Derrière satan on peut voir un damné tombant aux enfers.

C'est ainsi que les élus sont représentés à la droite du Christ ( vu de l'église c'est-à-dire à la gauche vu du parvis ) et les damnés du côté inverse assurant à l'ensemble un équilibre simple mais facilement compréhensible par les fidèles ne sachant pas lire.

Quatre anges situés à la main gauche du Christ le protègent de l'enfer. La quiétude des élus et des anges contraste avec les visages tourmentés des autres.

Les damnés s'entassent sur une surface beaucoup plus petite et de façon désordonnée alors que les élus, sagement rangés disposent d'un espace plus grand.

La profusion des lignes décrivant l'enfer fait penser aux flammes et aux tourbillons. Les personnages s'y chevauchent , sy mêlent, souvent pliés dans un rictus de douleur. Le chaos semble régner dans cette partie de la voûte du tympan, alors que de l'autre côté, l'ordre paisible règne, renforcé par la sérénité des visages.

La main droite du Christ est levée vers le Ciel en un geste de paix alors que la main gauche se baisse vers l'enfer.

Certaines parties s'adressent aux lettrés grâce aux bandeaux en latin qu'ils portent .

Les yeux du Christ sont trépannés afin de donner plus de profondeur au regard, pratique courante dans la sculpture du Siècle.

Il ne s'agit donc pas là du Christ souffrant de la passion mais bien du Christ juge " Rex et Judex ".

Les quatre anges protégeant le Christ portent des chandeliers afin de l'éclairer de l'assombrissement préliminaire de la fin du monde.

En effet selon saint Matthieu, le ciel s'obscucira avant la fin du monde.

Au dessus le ciel et la lune encadrent deux autres anges portant les clous qui ont servi à crucifier le Christ.

D'autres anges soufflent dans les oliphants annonçant les derniers temps.

En bas, à la main gauche du Christ, les scènes de l'enfer représentent les [péchés]] capitaux.

Un serpent s'enroule aux pieds du maître de l'enfer, au sourire hideux et qui recouvre le corps d'un paresseux périssant dans les flammes. Dans cet enfer chacun est puni par son propre vice : l'avare est pendu par la corde de sa bourse, le menteur a la langue arrachée, le colérique s'empale lui même tandis qu'un monstre lui dévore le crâne ou sévissent tous ses tourments alors qu'un chasseur est grillé sur une broche tenue par des animaux comme un vulgaire sanglier. Un ivrogne, pendu par ses pieds vômit ses excès. Il s'agit de scènes assez dures visant à effrayer les esprits peut être assez rustres de cette époque difficile et violente du Moyen-Âge. Même les mauvais moines ont droit à une scène de ce tympan qui n'épargne rien: un diable dévore le dos du mauvais moine , à quatre pattes et crosse à terre, démontrant que les symboles de l'église ne sont pas suffisants pour bénéficier du bon jugement.

Ceux qui bénéficient de ce bon jugement se retrouvent dans la partie appelée "Jérusalem Céleste", en bas de la main droite du Christ. Cette partie harmonieuse et d'une douceur contrastant avec les affres de l'enfer soulage le regard par l'appaisement apporté par ses lignes douces et ordonnées.


Au dessus de la Jérusalem céleste se tient la foule des élus, les doux , les amis de la piété comme le dit un bandeau en latin. Au deuxième rang Charlemagne, protecteur de la Chrétienté y est , semble t'il, représenté. Les apôtres et les prophètes apparaissent également à l'intérieur de la Jérusalem céleste. Quant à sainte Foy en prière, elle apparait agenouillée vers la grande main de Dieu sortie des nuées pour la bénir.

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